Le Cul de Judas en scène

Du 3 avril au 25 mai 2008
Du mercredi au samedi à 21h, dimanche à 17h (relâche lundi et mardi)
Prix des places
Plein tarif : 20 €
Tarifs réduits : 15 € (+ de 60 ans/collectivités/habitants des 3e et 4e/groupes d’amis) ;
10 € (- de 30 ans / dem. d’emploi / intermittents / groupes scolaires / dernier mercredi du mois / Pass Poésie)
Maison de la Poésie Paris
Passage Molière
157, rue Saint-Martin
75003 Paris
Métro Rambuteau – Les Halles
Renseignements et location :
01 44 54 53 00
(du mardi au samedi de 14h à 18h)
www.maisondelapoesieparis.com
PRESENTATION DU SPECTACLE
"Le Cul de Judas", c'est le bourbier angolais dans lequel s'enferra l'armée coloniale portugaise au début des années 70. Cette "putain de guerre" est ici au centre du récit, un torrentiel monologue intérieur du narrateur, ancien médecin aux armées, revenu détruit d'Angola, et racontant son enfer tout au long d'une nuit de beuverie à une inconnue dans un bar improbable ou peut-être dans son appartement vide.
Mais, au-delà l'épopée lyrique et le télescopage du passé et du présent, s'inscrivent en creux la difficulté des relations entre les sexes et une profonde mélancolie sous-tendue par un humour acide. Dans ses conversations avec Maria Luisa Blanco (Bourgois - Editeur ), Antonio Lobo Antunes révélait : "l'intrigue ne m'intéresse pas ; ce que je voudrais, c'est ne pas qu'on me lise, mais qu'on vive le livre. Les émotions viennent avant les mots et, mon but, c'est de traduire les émotions, de faire en sorte que les mots "signifient" ces émotions. Voilà l'impossible défi, mais je crois qu'il faut essayer de le relever".
Ainsi le théâtre apparaît comme un catalyseur de la beauté et de la densité de la prose d'Antonio Lobo Antunes.
INTENTIONS DE MISE EN SCENE ET DE SCENOGRAPHIE
L’œuvre d’Antonio Lobo Antunes est imprégnée dans son ensemble d’une conception particulière du « juste un immense présent qui englobe tout ». C’est une idée-clef quand on doit affronter la prose de l’écrivain.
J’ai souhaité un seul lieu pour aller dans ce sens dans lequel déambule le narrateur se délestant de sa vie à grands coups de whisky, devant une inconnue draguée dans un bar de nuit et dont il espère les faveurs fatiguées d’une gymnastique païenne*, avant de la supplier de rester pour affronter la clarté indifférente du jour.
Je ne souhaite d’ailleurs pas la représentation physique de cette femme sur la scène, mais plutôt l’évocation fantasmagorique de scènes de drague maintes fois répétées et que le narrateur n’éprouve même plus le besoin de revivre ailleurs que dans ses fantasmes.
Pour accueillir ce texte, j'ai imaginé une scénographie légère qui évoque un bar ou, peut-être, un appartement vide à Lisbonne et un sol recouvert de tapis qui rappelle La Splendeur du Portugal (autre roman de l'auteur). Une seule chaise dans ce décor qui sera tout à la fois chaise, tabouret de bar ou cuvette de wc. Elle sera recouverte d'un drap qui servira, à la fin, de drap ou de linceul.
François Duval
*extrait du roman de l’auteur