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Samedi 31 octobre 2009
*Textes réunis et présentés par Catherine Agulhon et Angela Xavier de Brito

À partir d'une enquête qualitative menée auprès d'une centaine de jeunes de différentes contrées venus étudier en France, les auteurs ont tenté de comprendre comment ces jeunes vivent cette expérience. S'agit-il de sélectionner des élites internationales ou d'une fuite des cerveaux ? Et au profit de qui ? Bien des facteurs construits là-bas et ici différencient des trajectoires, en fonction desquelles certains se paupérisent et se précarisent quand d'autres, privilégiés, réussissent des parcours sans faute et se projettent dans une élite internationale.

Editions L’Harmattan, collection Logiques sociales
Novembre 2009, 284 pages ISBN : 978-2-296-10542-3
Prix éditeur : 27 € / 177 FF
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Mercredi 7 octobre 2009
 Article paru le 6 octobre 2009  sur www.humanite.fr

    Disparition . L’immense chanteuse argentine est décédée à l’âge de soixante-quatorze ans.

   C’était l’une des plus grandes voix du folklore argentin. Universellement connue, Mercedes Sosa s’est éteinte à l’âge de soixante-quatorze ans. Elle a été et restera à jamais une figure de la résistance pour le continent sud-américain et bien au-delà. C’était la voix des sans-voix, « la voix de ceux qui n’avaient pas de voix à l’époque de la dictature argentine », a déclaré le musicien Victor Heredia, l’un de ses amis et compositeur de plusieurs de ses chansons. Et quelle voix ! Profonde, chambrée, chaleureuse. C’était « un oiseau libre », comme le dit la chanson, symbole de la conscience des peuples de l’Amérique latine. La Negra, c’est ainsi qu’on l’appelait. À cause de sa chevelure noire. À cause de ses origines indiennes. Mercedes Sosa a chanté l’espoir, la résistance ; elle a chanté les poètes et ses mots parlaient aux paysans de l’altiplano, aux embastillés de toutes les dictatures.

   Née le 9 juillet 1935 à Tucuman, dans une famille d’origine indienne, elle a grandi dans un quartier modeste, bercée par la culture populaire. D’abord professeure de danse folklorique, elle s’est lancée dans la musique dans les années soixante, rejoignant avec son mari, le musicien Manuel Oscar Matus, le mouvement Nuevo Cancionero, qui a renouvelé le folklore. Elle enregistre son premier disque Canciones con fundamento. Mais vient bientôt le temps de l’exil pour cette militante communiste. En 1979, elle est arrêtée lors d’un concert à La Plata. Elle n’a plus le droit de chanter et s’installe à Paris, puis à Madrid. Elle ne retournera en Argentine qu’en 1982 pour une série de concerts à Buenos Aires. Mercedes Sosa était le symbole d’un mouvement de renouveau de la musique folklorique, socialement engagé, aux côtés d’Atahualpa Yupanqui.

   Une veillée était organisée dimanche au Congrès des députés, un honneur réservé aux personnalités importantes en Argentine. Au pied du cercueil, ouvert et laissant voir le visage de la chanteuse, un poncho blanc, costume typique des paysans et indigènes argentins que Mercedes utilisait lors ses récitals. Dans un profond silence, et pour certaines en larmes, des milliers de personnes formaient une longue file devant le bâtiment, attendant d’entrer pour lui dire adieu. Adios, Negra.

                                                                                                                                              Marie-José Sirach


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Samedi 3 octobre 2009

Médias, migrations et enjeux identitaires


     Cet essai étudie la chaine satellitaire RTP Internacional et sa réception en France par la diaspora portugaise. L'originalité de la démarche est de se situer à la croisée de la sociologie des médias et des migrations. Ainsi, le phénomène télévisuel est vu dans ses trois domaines, la production, le contenu et la réception. Celle-ci s'inscrit au cœur d'espaces privés et publics à travers l'histoire des Portugais en France, les dynamiques familiales et les représentations politiques.

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Mercredi 17 juin 2009

   La jeune chercheuse Caroline Sordia vient de soutenir brillamment son mémoire de recherche en relations internationales, à l’Ecole Doctorale de Sciences Po, sur le retour dans le parcours migratoire des Portugais en France. Le jury a été composé par les professeurs chercheurs Catherine Wihtol de Wenden, sa directrice de recherche, et Albano Cordeiro, membre de l’Association Mémoire Vive/ Memória Viva.

    Nous vous proposons de connaître ce beau travail, présenté ci-dessous par Caroline Sordia elle même. La teneur de ce travail sera bientôt
diffusée. Plus de nouvelles à la rentrée.


 

Saudades do regresso...

            Près de quarante ans après l'exode massif des Portugais vers la France, il est utile de se pencher à nouveau sur cette expérience marquée par la persistance d'un mythe du retour. Réel ou virtuel, organisé ou rêvé, périodique ou définitif, et peut-être tout cela à la fois, le retour constitue une dimension structurante du parcours migratoire des Portugais de France.

            Le retour comme horizon oriente en effet les modalités de départ, de la vie en migration et les bifurcations de trajectoires. Les enjeux politiques, économiques, sociaux, professionnels et culturels qui les traversent donnent à cet horizon une signification différenciée selon les générations, le genre et pour chaque individu. Ce constat évacue le « paradoxe du bon immigré » en rappelant combien la conception traditionnelle de l'intégration est extérieure aux références des migrants eux-mêmes. Il interroge aussi sur la gestion sociale et politique d'une diversité culturelle que la France peine à reconnaître.

            S'il est omniprésent dans les discours, le retour effectif demeure très minoritaire « à l'état pur ». Il se décline en une multitude de pratiques de va-et-vient, de séjours périodiques qui permettent tout à la fois d'entretenir et de reporter sine die le projet. Les catégories étanches de l'ici et là-bas se trouvent dès lors brouillées par une spatialité bipolaire, avec toute sa richesse mais aussi toutes les tensions inhérentes à la construction d'un entre-deux.

            Enfin, par sa singularité et son inscription dans un contexte institutionnel d'ouverture des frontières au sein de l'espace Schengen, l'expérience portugaise pose une exigence de réversibilité des parcours. La gestion actuelle des migrations, en particulier la crispation de l'Europe vis-à-vis de ses frontières extérieures, révèle ainsi un profond décalage entre politiques menées et stratégies des migrants. Face à une fermeture des frontières qui érige le déplacement en problème émerge peu à peu la revendication d'un droit à la mobilité.

            Les entretiens avec les premiers concernés permettent de confirmer, mais surtout de nuancer les hypothèses théoriques. L'enseignement le plus fort reste l'hétérogénéité, la complexité et l'irréductibilité des itinéraires individuels, plaidant pour une approche politique davantage axée sur l'accompagnement des parcours. À l'instar de l'ensemble des droits humains, le droit à la mobilité – qui conjugue droit de partir et droit de rester – repose sur l'exigence d'autonomie et d'autodétermination par chacun de sa propre trajectoire. Davantage que l'expérience concrète, et au-delà de la nécessité de « pouvoir revenir », c'est le sentiment de maîtriser son parcours, d'en choisir (et non subir) les bifurcations qui s'avère central. Le retour ressort ainsi d'une aspiration ontologique à donner du sens au chemin, à la quête partagée d'une place en ce monde.


Caroline Sordia 


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Mercredi 17 juin 2009

Le Portugal bilingue. Histoire et droits politiques d’une minorité linguistique : la communauté mirandaise, Rennes (France), Presses universitaires de Rennes, 2009, 212 p., cartes, statistiques, ISBN: 978-2-7535-0771-5 (15 €).

En 1998, le Portugal a officiellement reconnu que, comme de nombreuses nations, il possédait au sein de ses frontières une minorité linguistique territorialisée. Michel Cahen brosse l’histoire de cet isolat asturo-léonais en terre lusitanienne, la Tierra de Miranda, et il montre pourquoi cette minorité linguistique n’est pas devenue une minorité nationale. Pour autant, cette « limitation » dans la trajectoire identitaire mirandaise n’en fait pas une question seulement culturelle et encore moins folklorique : la survie et la promotion de la langue mirandaise et, plus généralement, de la culture spécifique qui lui est attachée, est une question politique relative à l’égalité des droits des citoyens au sein de la République.

 

Sur l’auteur

Michel Cahen, chercheur CNRS au Centre d'étude d'Afrique noire de Sciences Po Bordeaux, rédacteur en chef de la revue Lusotopie, est spécialiste de l'histoire coloniale portugaise contemporaine et de l'évolution politique des pays africains de langue officielle portugaise.
Au-delà de ses terrains africains, il s'intéresse au lien entre identité et démocratie. Parmi ses récents travaux, on peut noter : Pays lusophones d'Afrique. Sources d'information pour le développement. Angola, Cap-Vert, Guinée-Bissau, Mozambique, Sao Tomé e Principe, Paris, Ibiscus, 2001; Les Bandits. Un historien au Mozambique, 1994, Paris, Publications du Centre culturel Calouste Gulbenkian, 2002 ; La dialectique des secrets.
Histoire et idéologie dons l'accouchement sous X et l'adoption plénière, Paris, Karthala, janvier 2004.

 

 


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