Dans ce document du journal télévisé non daté (fin années 1970, début années 1980 ?), on peut entendre un certain nombre de choses étranges... Florilège de ces bonnes paroles :
"Le mal du pays, un mal qui est en fait une grande qualité, pourvu qu'on l'entretienne." Ah bon ? A quel titre ? Pour qui ?
"Ce n'est qu'en 73 que ce flux migratoire a cessé." (Epilogue : en 2006, entre 25 et 30 000 Potugais ont quitté le pays. L'Eglise Catholique et les syndicats parlent de 100 000 personnes.)
"Grâce à leurs qualités de travailleurs reconnues partout." Le Portugais, docile et bonne poire ? Le mythe du bon sauvage, bis repetita.
"Les familles portugaises (...) sont protégées [par le gouvernement français]." Ah bon ? Et les expulsions ? Pas vu-pas pris.
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M.P.
Par Mémoire Vive / Memória Viva
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Recordando o Cantar de emigração.
Adriano Correia de Oliveira (1942-1982), militant du Parti Communiste Portugais (P.C.P.), était connu pour son engagement dans la lutte anti-salazariste, notamment depuis 1963 et sa mise en chanson des vers de Manuel Alegre, "Trova do vento que passa". Dans un album plein de cette ferveur engagée intitulé "Cantaremos" (Nous chanterons), parmi lesquelles on trouve les fameuses "Canção com lágrimas" ou "Fala de um homem nascido", il intégra en 1970 ce Chant de l'émigration, "Cantar de emigração". Le texte de cette chanson fut écrit par la poétesse galicienne Rosalía de Castro (1837-1891), puis traduit par le musicien portugais José Niza dans les années 1960. Les vers originaux en étaient : Este vaise i aquel vaise,/etodos se van:/Galicia, sin homes quedas/que te podan traballar./Tes, en cambio, orfos i orfas/e campos de soledad; e pais que non teñen fillos/e fillos que non tén pais./E tes corazóns que sufren/longas ausencias mortás./Viudas de vivos e mortos/que ninguem consolaré.»
(Livre IV de Follas Novas).En 1970, année d'enregistrement de la chanson, 183 000 personnes s'échappaient du petit rectangle à beira-mar plantado, de sa dictature et de sa misère. La chanson est un appel à l'aide, et un cri de douleur. Par les temps qui courent, il est bon de rappeler que l'émigration est un évidement, une rupture pour ceux qui partent et aussi pour ceux qui restent.
Este parte, aquele parte / Celui-ci part, cet autre part
e todos, todos se vão. / Et tous, tous ils s'en vont
Galiza, ficas sem homens / Galice, tu restes sans hommes
que possam cortar teu pão / Qui puissent couper ton pain
Tens em troca órfãos e órfãs / Tu as en échange orphelines e orphelins
e campos de solidão / Et tes champs de solitude
e mães que não têm filhos / Et les mères sans fils
filhos que não têm pais. / Et les fils sans pères
Coração que tens e sofre / Ton coeur qui souffre
longas horas mortais / De longues heures mortelles
viúvas de vivos-mortos / De veuves de morts-vivants
que ninguém consolará / Que personne ne consolera
P.S. : parce que l'émigré portugais n'est pas seul, voilà une autre chanson d'émigration : Noches del Paraguay, sous la voix de Luís Alberto del Paraná, écrite en 1929 à Montevideo (Uruguay) par Pedro J. Carlés.
Viejos recuerdos traen memorias
Y llega el hado que es todo un ay
Mi pecho enfermo dulce en ti piensa
Noches hermosas del Paraguay.
M.P.
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