Qui sommes-nous?

L'association


    L'association Mémoire Vive/ Memória Viva a été fondée en avril 2003, avec l'objectif de recueillir et de transmettre la mémoire de l'immigration portugaise dans un esprit d'échange et d'ouverture. Ayant vécu cette immigration de l'intérieur, ou liés par la voie professionnelle ou privée, ses membres ont crée Sudexpress, un centre virtuel de mémoire et d'histoire de l'immigration portugaise.
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Lundi 7 septembre 2009


1ère partie - EXPOSITION
 
  Au mois de juin l’année dernière, j’ai rendu visite à ma grand mère.

  Elle habitait dans un petit patelin à côté de Bourges. Nous parlions ensemble et il m’a sauté aux yeux, pour la première fois, qu’elle ne parlait que portugais. Elle avait oublié le français. Elle était redevenue portugaise. En une fraction de seconde, j’ai eu peur de la perdre et de ne pas l’avoir connue vraiment. J’ai eu peur de n’avoir jamais connu son histoire.

  J’ai eu envie de lui parler intimement. Je lui ai demandé s’il était possible que je revienne quelques jours chez elle, à l’automne, pour que nous parlions un peu ensemble. Elle ne m’a pas répondu franchement, mais elle n’était pas contre.

  Je suis revenue au milieu du mois d’octobre. J’ai passé trois jours chez elle, avec elle et elle m’a raconté son voyage, son arrivée en France et la vie difficile au cul des vaches ici dans le Berry. En partant, émue aux larmes, je lui promis de faire un spectacle sur nos deux vies, il s’appellerait La Petite Fille de l’Immigrée, elle m’a souri perplexe, je suis partie revigorée et heureuse.

  Deux mois après, elle mourait la nuit de Noël. J’étais bouleversée. Elle était partie sans prévenir et elle me laissait seule. Comment tenir ma promesse sans elle ?

  Les yeux dans les yeux, je lui avais promis de faire un spectacle qui raconterait comment nos deux vies se croisaient, elle n’était plus là et je n’avais encore rien préparé. Tranquille, j’avais imaginé avoir le temps.

  J’ai appris au contraire que je n’avais pas de temps. La fragilité et l’imprévisibilité de la vie m’avaient fait signe.  La parole des grands-parents, il fallait la recueillir maintenant et rapidement car le silence de la mort était irréversible.

  C’est donc avec urgence que j’ai commencé à contacter d’autres grands-mères portugaises venues en France, puis d’autres grands-pères puis ensuite d’autres petits-enfants. Et le projet de La Petite Fille de l’Immigrée était né.

  Pour pouvoir être libre de me déplacer, partout, tout le temps, pendant un an, j’ai choisi d’utiliser le matériel que j’avais chez moi : mon portable, une petite caméra, un pied de caméra, un micro et mon appareil photo. Et c’est tout et je suis partie sur les routes.

  Cette exposition n'est pas la retranscription d'un travail sociologique mais une rêverie intime en mémoire de ma grand mère portugaise.


2ème partie - SPECTACLE création 23 et 24 février 2010 (Espace malraux - Joué-Lès-Tours)

 

 Elsa Pereira
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Mercredi 17 juin 2009

   La jeune chercheuse Caroline Sordia vient de soutenir brillamment son mémoire de recherche en relations internationales, à l’Ecole Doctorale de Sciences Po, sur le retour dans le parcours migratoire des Portugais en France. Le jury a été composé par les professeurs chercheurs Catherine Wihtol de Wenden, sa directrice de recherche, et Albano Cordeiro, membre de l’Association Mémoire Vive/ Memória Viva.

    Nous vous proposons de connaître ce beau travail, présenté ci-dessous par Caroline Sordia elle même. La teneur de ce travail sera bientôt
diffusée. Plus de nouvelles à la rentrée.


 

Saudades do regresso...

            Près de quarante ans après l'exode massif des Portugais vers la France, il est utile de se pencher à nouveau sur cette expérience marquée par la persistance d'un mythe du retour. Réel ou virtuel, organisé ou rêvé, périodique ou définitif, et peut-être tout cela à la fois, le retour constitue une dimension structurante du parcours migratoire des Portugais de France.

            Le retour comme horizon oriente en effet les modalités de départ, de la vie en migration et les bifurcations de trajectoires. Les enjeux politiques, économiques, sociaux, professionnels et culturels qui les traversent donnent à cet horizon une signification différenciée selon les générations, le genre et pour chaque individu. Ce constat évacue le « paradoxe du bon immigré » en rappelant combien la conception traditionnelle de l'intégration est extérieure aux références des migrants eux-mêmes. Il interroge aussi sur la gestion sociale et politique d'une diversité culturelle que la France peine à reconnaître.

            S'il est omniprésent dans les discours, le retour effectif demeure très minoritaire « à l'état pur ». Il se décline en une multitude de pratiques de va-et-vient, de séjours périodiques qui permettent tout à la fois d'entretenir et de reporter sine die le projet. Les catégories étanches de l'ici et là-bas se trouvent dès lors brouillées par une spatialité bipolaire, avec toute sa richesse mais aussi toutes les tensions inhérentes à la construction d'un entre-deux.

            Enfin, par sa singularité et son inscription dans un contexte institutionnel d'ouverture des frontières au sein de l'espace Schengen, l'expérience portugaise pose une exigence de réversibilité des parcours. La gestion actuelle des migrations, en particulier la crispation de l'Europe vis-à-vis de ses frontières extérieures, révèle ainsi un profond décalage entre politiques menées et stratégies des migrants. Face à une fermeture des frontières qui érige le déplacement en problème émerge peu à peu la revendication d'un droit à la mobilité.

            Les entretiens avec les premiers concernés permettent de confirmer, mais surtout de nuancer les hypothèses théoriques. L'enseignement le plus fort reste l'hétérogénéité, la complexité et l'irréductibilité des itinéraires individuels, plaidant pour une approche politique davantage axée sur l'accompagnement des parcours. À l'instar de l'ensemble des droits humains, le droit à la mobilité – qui conjugue droit de partir et droit de rester – repose sur l'exigence d'autonomie et d'autodétermination par chacun de sa propre trajectoire. Davantage que l'expérience concrète, et au-delà de la nécessité de « pouvoir revenir », c'est le sentiment de maîtriser son parcours, d'en choisir (et non subir) les bifurcations qui s'avère central. Le retour ressort ainsi d'une aspiration ontologique à donner du sens au chemin, à la quête partagée d'une place en ce monde.


Caroline Sordia 

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Mercredi 17 juin 2009

Le Portugal bilingue. Histoire et droits politiques d’une minorité linguistique : la communauté mirandaise, Rennes (France), Presses universitaires de Rennes, 2009, 212 p., cartes, statistiques, ISBN: 978-2-7535-0771-5 (15 €).

En 1998, le Portugal a officiellement reconnu que, comme de nombreuses nations, il possédait au sein de ses frontières une minorité linguistique territorialisée. Michel Cahen brosse l’histoire de cet isolat asturo-léonais en terre lusitanienne, la Tierra de Miranda, et il montre pourquoi cette minorité linguistique n’est pas devenue une minorité nationale. Pour autant, cette « limitation » dans la trajectoire identitaire mirandaise n’en fait pas une question seulement culturelle et encore moins folklorique : la survie et la promotion de la langue mirandaise et, plus généralement, de la culture spécifique qui lui est attachée, est une question politique relative à l’égalité des droits des citoyens au sein de la République.

 

Sur l’auteur

Michel Cahen, chercheur CNRS au Centre d'étude d'Afrique noire de Sciences Po Bordeaux, rédacteur en chef de la revue Lusotopie, est spécialiste de l'histoire coloniale portugaise contemporaine et de l'évolution politique des pays africains de langue officielle portugaise.
Au-delà de ses terrains africains, il s'intéresse au lien entre identité et démocratie. Parmi ses récents travaux, on peut noter : Pays lusophones d'Afrique. Sources d'information pour le développement. Angola, Cap-Vert, Guinée-Bissau, Mozambique, Sao Tomé e Principe, Paris, Ibiscus, 2001; Les Bandits. Un historien au Mozambique, 1994, Paris, Publications du Centre culturel Calouste Gulbenkian, 2002 ; La dialectique des secrets.
Histoire et idéologie dons l'accouchement sous X et l'adoption plénière, Paris, Karthala, janvier 2004.

 

 

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Mardi 16 juin 2009
 

 

   L’équipe du Sudexpress de l’Association Mémoire Vive/ Memória Viva remercie toutes les personnes qui ont été présentes à la soirée « 25 de Abril Sempre ! » du 8 mai au Café « La Commune Libre d'Aligre ».

   A travers des œillets rouges, des images du film « Natureza Morta : Visages d’une dictature », l'odeur de la cuisine portugaise, et la puissance de « Grândola Vila Morena » chantée à l'unisson, l'esprit fleuri de cette révolution a envahi la salle. "Avril 74" en mai, un beau bouquet d'œillets et de coquelicots!



 
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Mardi 9 juin 2009

Pour la cinquième année consécutive, le Festival « Brésil en Mouvements » revient avec de nouveaux films documentaires, toujours dans l’optique de faire découvrir au public francophone les différents aspects de la société brésilienne. Droits de l’Homme, questions sociales et environnementales seront ainsi abordés et débattus pendant une semaine.

Ces considérations sociales et environnementales prennent pour vecteur le dialogue et la diffusion de films documentaires portés par des réalisateurs engagés.

Cette année, le festival propose les thèmes et problématiques suivantes : agriculture, logement, migration, Mouvement des travailleurs Sans Terre (MST), prison, musique, et le monde vu par des enfants.

Parmi les films programmés, « A verdade do gato » de Jeremy Hamers et « Miracle au sertão » de Jacques Hubschman et Claire Sarazin traitent de la gestion des ressources naturelles. Le premier montre le cycle de production d’éthanol au Brésil et le deuxième présente une preuve que l’exploitation durable d’une région, bien que semi-aride, est possible.

La thématique « prison » fait l’objet d’un focus spécial pour cette cinquième édition avec la projection de « Nada a ver » de Florence Bresson et Lili Goncalvez, sur la culture comme mode d’échappatoire dans le milieu carcéral, et « Entre a luz e a sombra » de Luciana Burlamaqui, histoire poignante de la rencontre entre une actrice et deux détenus devenus rappeurs en prison.

Cet engagement évoqué se manifeste aussi par la présence de réalisateurs pendant et après les projections. Compteront parmi les invités Susana Rossberg, réalisatrice de « Brasileiros como eu », film sur la migration des Brésiliens en Europe, Josef Stöckli, réalisateur de « Des terres pour les sans terres », sur le Mouvement des travailleurs Sans Terre qui commémore cette année sa 25ème année d’existence, et les réalisateurs du film « Fragments d’un quartier », présentant l’histoire et la vie dans le quartier des Champs Elysées de São Paulo.

Le public aura l’occasion, au terme des séances, de discuter et débattre avec les réalisateurs et différentes personnalités du monde associatif, culturel, médiatique et politique. Le but est d’interroger et comprendre les situations présentées, d’y exposer et échanger ses opinions. Le festival propose également la découverte de saveurs et sonorités brésiliennes lors du cocktail d’ouverture et du concert de clôture. Le programme musical de cette année inclut batucada, choro et mix de samba accompagné de musique live.


Programme
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